Ariane Mérillat
Réalisatrice, anthropologue et chargée de recherche à l'UNIL. Direction artistique et contenus anthropologiques.
Projet en cours · œuvre transmédiatique
Une aventure anthropologique qui se déploie sur plusieurs supports, avec au cœur un documentaire tourné dans un village tamoul au Sri Lanka.
Il suit la vie de femmes dalit, la caste des Intouchables, face au dilemme entre mariage arrangé et mariage d'amour. Et il invite le spectateur à remettre en question la manière dont l'information lui parvient.
Les spectateurs sont immergés dans le rôle de l'anthropologue en quête d'altérité. Au milieu d'un système patriarcal qui restreint la liberté des femmes, les doutes et les interrogations sont omniprésents : comprendre sans juger, puis transmettre.
Et si le mariage arrangé, souvent perçu comme archaïque, révélait une logique subtile et protectrice dans un contexte de précarité extrême ? Et si notre conception de l'amour n'était pas universelle, mais dépendait du contexte culturel ?
Le film pose une question de fond : comment raconter l'histoire des autres tout en respectant une éthique humaniste et scientifique ?
Pour l'anthropologue, la caméra est un outil qui doit tendre vers la neutralité scientifique. Pour le monteur et le cadreur, l'immersion passe aussi par la fantaisie et la liberté esthétique. Où placer le curseur ?
Plutôt que de trancher, le film fait de chaque scène un terrain d'expérimentation. Et si on revoyait cette séquence sans musique ? Si on changeait l'angle de caméra ? Le format ? La voix off questionne les images, les influence, les détourne parfois — et le spectateur se forge sa propre opinion.
La désillusion de l'anthropologue a été créé pour une conférence publique sur la manipulation des images, puis adapté pour des classes de Suisse romande.
Priyanka reçoit une caméra et un trépied, puis une formation aux techniques d'interview. Elle part filmer les femmes de son village. Habituellement isolées, elles voient leurs histoires rester cachées — mais le prestige associé à une université suisse brise ce tabou. Elles ont envie de témoigner, et tiennent à apparaître à visage découvert.
Dans une démarche d'open data et de partage des connaissances, ces entretiens sont accessibles en ligne.
Réalisatrice, anthropologue et chargée de recherche à l'UNIL. Direction artistique et contenus anthropologiques.
Professeure ordinaire de sociologie à l'UNIL, spécialisée en communication. Cheffe de projet.
Techniscéniste et régisseur son/vidéo. Réalisation des séquences filmiques inédites.
Conceptrice multimédia. Identité graphique et interfaces du projet.
Animateur 2D et 3D. Séquences animées du projet.
Un article scientifique est en préparation. Il analyse les choix méthodologiques et éthiques faits pendant le tournage, et éclaire la posture de l'anthropologue réalisatrice.
Le film est soutenu en partie par le Fonds national suisse (projet Agora CRAGP1_208388).